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Niphargus

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Article de R. Ginet 1965 "La Grotte de Hautecourt"

 

 

 

 

 

Niphadobata alpina

Niphadobata alpina

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La vie souterraine

Si l'on observe dans le milieu hypogé un certain nombre de convergences adaptatives chez les différents groupes faunistiques, il faut cependant souligner qu'il n'existe pas de règles générales à la vie cavernicole, et que chaque groupe, parfois chaque taxon semble avoir résolu de façon originale les problèmes posés par ce biotope particulier.

Il existe, tout de même de grandes caractéristiques chez les espèces troglobies.

- La dépigmentation tégumentaire

C'est le caractère le plus visible des troglobies vrais, qui paraissent blancs ou légèrement rosés. C'est un caractère génétiquement fixé, dans la plupart des cas. Cela signifie que si l'on élève un de ces animaux à la lumière, ils ne retrouveront jamais leur pigmentation et finiront par mourir sous l'effet du soleil.

- L'anolphtalmie (Absence d'yeux)

Cette particularité est liée à l'absence de lumière. Chez certain groupe, on observe une perte de la fonction visuelle avec maintien de la structure anatomique, ou une régression conjointe de la fonction et de l'organe.

- L'aptérie

Il s'agit de la réduction, chez les Coléoptères, de la deuxième paire d'ailes, qui sert normalement au vol. Le première qui a un rôle de protection et forme les élytres est conservée. D'autres espèces d'insectes ont également perdues leurs ailes.

(Extrait de Magnez et al.)

La faune > Consulter la liste

Dans l’état actuel des connaissances, la liste faunistique des espèces épigées et hypogées recensées dans la réserve naturelle renferme 184 taxons, sans compter les microorganismes. 21 espèces sont protégées par une ou plusieurs conventions. La faune souterraine de la grotte est significative de la province biospéléologique du Jura, mais aussi des conditions écologiques particulières observées à la grotte de Hautecourt, et plus généralement dans les cavités du Revermont.
Les invertébrés souterrains sont bien connus dans la réserve. Toutefois, l’inventaire qualitatif n’est probablement pas exhaustif ; il est irrégulièrement précisé par des recensements quantitatifs. Les invertébrés épigés sont probablement moins connus et mériteraient que l’on fasse des inventaires supplémentaires. Les vertébrés, quant à eux, sont encore moins bien connus.

La biocénose souterraine doit être envisagée comme un ensemble, duquel on ne saurait privilégier telles ou telles espèces pour les "protéger" plus que les autres; il est évident que les espèces troglobies sont beaucoup plus typiques du domaine souterrain que les formes troglophiles ou trogloxènes, et qu'elles méritent une attention plus particulière; mais comme la chaîne alimentaire souterraine est plus simple qu'en surface - étant réduite aux détritivores, qui exploitent les résidus végétaux provenant de la surface, et aux carnivores, qui se nourrissent aux dépens des précédents - chaque maillon taxonomique de la biocénose hypogée joue dans cet ensemble un rôle irremplaçable. C'est donc pour ces raisons que l'on doit considérer globalement la liste des espèces animales qui ont été, jusqu'à présent, observées dans la grotte; cette liste comprend à peu près toute la faune souterraine du Jura méridional, et c'est à ce titre "d'échantillon naturel représentatif" qu'ont été mises en réserve la cavité, qui l'héberge, et la végétation qui, indirectement, la nourrit.

La grotte de Hautecourt est un milieu souterrain non perturbé depuis la création du laboratoire souterrain en 1962 par l’Equipe d’Hydrobiologie et Ecologie Souterraine de l’université Claude Bernard Lyon 1. Depuis la fermeture de la grotte au public, la diversité spécifique a diminué. Cette baisse est due à un arrêt de la contamination de la faune indigène par des espèces apportées directement de l’extérieur, accrochées aux vêtements, ou par des espèces attirées par les déchets involontairement importées lors des visites (cheveux, pellicules de peau, fils de textile, grains de pollen, …). Cette diminution salutaire de la diversité faunistique a eu pour conséquence une baisse de la compétition entre les espèces. De ce fait, les espèces strictement troglobies ont pu coloniser l’habitat souterrain sans plus être dérangées par les espèces opportunistes. Ainsi, la biocénose hypogée, en ce qui concerne les invertébrés est très spécialisée mais peu diversifiée.

Quelques organismes remarquables…
Les animaux troglobies les plus fréquents qu'a signalés Ginet (1965), Royerella villardi, Plusiocampa sollaudi et Trichoniscoïdes mixtus, ainsi que le collembole Pseudosinella vandeli forment l'association cavernicole type du Jura que Sollaud a décrite en 1936. Il faut leur ajouter Tomocerus unidentatus, Arrhopalites pygmaeus, Plusiocampa bourgoini, Lepthyphantes pallidus et Centromerus sp. qui appartiennent à la biocénose terrestre.

De nombreux microorganismes (microflore et la microfaune) sont présents dans l'argile de la grotte. L’étude de la microflore est due à Gounot (1967) ; cet auteur a montré l'existence de bactéries, en quantité moins importante mais de même nature que dans les sols superficiels (de 10 à 250 millions par gramme de limon sec : Bacillus, Azotobacter ; Clostridium Arthrobacter, Pseudomonas, Flaviobacterium) et de champignons Actinomycètes (quelques millions par gramme sec d’argile). Cette activité biologique des argiles est importante puisqu’elle libère des acides aminés et des vitamines exploités ensuite par la macrofaune. L’étude de la microfaune, réalisé par Michaux (1969), a montré la présence abondante de Flagellés et de Ciliés vivant dans toute la masse de ce minéral. Ces microorganismes sont remarquables car ils jouent un rôle indispensable dans l'équilibre biocénotique général. Il importe donc que toute modification et toute dégradation soient évitées au sol de la cavité lui-même si l'on veut en préserver le fonctionnement écologique global et normal.

Plusieurs années après le classement en réserve naturelle, le coléoptère « ultra-cavernicole » : Trichaphaenops cerdonicus est enfin apparu ! (Seul Coléoptère terrestre Trechinae du Jura méridional) lien vers la fiche Cette espèce est endémique du Jura méridional.

Le cas du Crustacé Amphipode aquatique Niphargus rhenorhodanensis, tend lui aussi à faire considérer la grotte de Hautecourt – en la période actuelle - comme une entité et non pas comme un "regard" sur le milieu hypogé. En effet, sa présence est exceptionnelle dans les cavités du Revermont, le domaine des calcaires perméables en grand représentant plutôt le biotope de N. virei (Ginet, 1970). D'ailleurs, à quelques kilomètres de Hautecourt, dans le même anticlinal, N. virei se rencontre sur le flanc W à la source de la Dhuys, sur le flanc E dans le tunnel ferroviaire de Cize. La grotte de Hautecourt apparaît bien, actuellement, isolée du karst environnant.

Le diptère aptère Niphadobata alpina caractéristique des entrées de grottes froides a récemment été capturé dans le porche. Ce genre n'a été rencontré dans le Jura que dans deux entrées de grottes : Hautecourt et le Puits de Rappe, c’est pourquoi sa présence renforce l’intérêt de la réserve naturelle.

En conclusion, la grotte de Hautecourt représente le type des cavités du Revermont, qui sont pour la plupart bien ouvertes sur le milieu extérieur et riches en espèces cavernicoles et endogées ; mais elle offre quelques particularités écologiques intéressantes : son isolement au sein du massif karstique n'a pas affecté la composition de sa biocénose (par comparaison avec les grottes voisines) qui est donc relativement stable ; ses rapports avec le milieu épigé retentissant sur l'abondance de la faune troglobie soulignent l'importance des sources de nourriture pour les écosystèmes hypogés.

Des vidéos de faunes souterraines sont disponibles en cliquant sur les images ci-dessous : (films réalisés par Michel C. des Châtelliers en 1991 à l'Institut de Limnologie de Mondsee, Autriche, dans le laboratoire du professeur Dan Danielopol).

Proasellus slavus (stygobie) et Proasellus meridianus (épigé)

__________

Mollusques ---------------------------------------Niphargus sp.

__----------___

Asellus aquaticus ------------------------------ -------Ostracodes

---(anophtalme et dépigmenté)

Profusion de vie

 

 

 




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Plusiocampa
 

Trichaphaenops cerdonicus

Trichaphaenops cerdonicus

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Article de M.J. Turquin 1973 "la colonisation de quelques grottes du Jura par Niphadobata alpina"

 

 

 

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